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.....Je réalise aujourd'hui qu'il y a tellement de choses que je ne savais pas, et je repousse sans cesse les mesures de ce vide qui m'entoure depuis que notre vie tranquille s'est envolée.
.....Dès lors que la morosité obscurcit mes pensées, je regarde le ciel puis la terre, avec cette impression que le meilleur est derrière moi désormais. Rien ne sera jamais plus comme avant.
Celui qui a écrit « Forever young » est un con.
.....Il parait qu'après de nombreuses années, nous pourrions passer les uns à côté des autres sans même nous reconnaître.
.....Il y a quelques jours, j'ai arpenté seule et longtemps les rues de cette ville qui fut la nôtre, celle où nous avons partagé tous nos souvenirs d'enfants. J'ai marché le long de l'Eure, puis dans l'Evêché, et dans les vieilles ruelles de la basse-ville qu'on aimait tant. Les mercredis nous appartenaient. Je me suis arrêtée par-ci par-là, et il me semblait que nos rires m'accompagnaient ... On s'y retrouvait si souvent à partager nos midis ou notre liberté volée en l'absence d'un prof ... Et nous parlions sans compter les heures de ces choses et d'autres qui animaient nos vies et nous transportaient dans des moments de chahuts incontrôlables ... !
.....Mais quand je regarde autour de moi, je ne vois déjà plus que des souvenirs (oO). Combien de fois ai-je dit que je ne voulais PAS grandir si vite ?! Il parait qu'il est temps pour nous de céder la place. Aux suivants. A d'autres. A de multitudes « d'autres » qui vivront à leur tour ce que nous avons vécu. A vous peut-être, qui me lisez. A ces « autres » je ne demanderai qu'une chose :
.....Rappelez-vous, rappelez-vous que quelque part sur cette terre, loin de vous, loin de votre temps, nous avons arpenté les mêmes rues, ri ensemble autour des mêmes tables, et puisque les pierres traversent les âges, dites-vous que chacune de celles où nous avons posé nos mains et nos regards contient à jamais une part de notre histoire et de nos éclats de joie. Nos rires y résonneront pour toujours.
Dites-vous que nous étions une bande d'amis, que nous étions même mieux que cela, mieux encore car nous nous étions choisis, dites-vous que rien n'a jamais pu nous séparer, avant ces départs forcés vers des horizons souvent différents.
.....Depuis lors il ne s'écoulera pas un jour sans que je ne pense à nous tous, avec l'espoir de notre bonheur à venir, chacun sur son propre chemin. Hier n'existe plus, Aujourd'hui est révolu, et Demain s'appelle Inconnu. Demain est effrayant en soi précisément car on ne sait pas de quoi il sera fait, et c'est lorsque nous l'apprivoiserons qu'il perdra de son panache. C'est pourquoi plutôt que d'y être jetée sans aucun repère ni manuel de survie, je préfère dire qu'il était temps de changer et que l'heure de notre départ, y compris du mien, approche.
Comme quelqu'un qui se reconnaitra l'a si bien dit : « les jours s'en vont, le temps s'enfuit... »
.....L'année prochaine sera si différente des autres ! Je nous vois déjà tous, chacun dans son appart, sa résidence universitaire, ou son foyer. Le jour de son emménagement, seul(e), déballant ses cartons. Regardant autour de soi. Se disant « Ca y est. J'y suis. Maintenant c'est vraiment fini. »
Puis imaginant les autres un par un, entrain de défaire leurs propres cartons, dessinant les contours de leur nouvel univers sans y arriver vraiment.
.....J'ai du mal à finir ces lignes sans pleurer, mais grâce à vous tous je suis un bout de femme au coeur rempli d'une étincelle de lumière. J'ai aimé ! J'ai aimé des gens indispensables qui ont su me le rendre au centuple ! Est-ce que tout le monde peut partir riche d'une condition aussi inestimable ?
Vous allez tellement me manquer ...
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